Si je vous dis que Mesdames Daube et Michu vivent encore, n’en concluez pas au triomphe de la médecine. L’abus du gras sous toutes ses formes aurait dû liquider depuis longtemps nos deux vieilles, avec ou sans le secours de la pharmacopée. Elles doivent d’abord leur survie à l’allégresse vacharde : on n’a rien trouvé de mieux pour vous dégommer le cholestérol. Moi-même absent du marché depuis des mois pour cause d’anémie psychosomatique, c’est à l’étal du Jarret qui fume que je les ai retrouvées hier, aussi flamboyantes sous Hollande que sous Sarkozy.
-Si, si, M’ame Michu, il reviendra, vous verrez, et bien avant que vous renonciez au museau vinaigrette.
-Mais, M’ame Daube, Carla ne veut pas, elle l’a dit dans Elle, elle en a soupé. Il ne va pas risquer en rempilant de perdre aussi celle femme-là ! Moi je dis que ce serait dangereux pour son équilibre. Notez que la Trierweiler est libre, encore sémillante, un rien pétroleuse, certainement déçue de son Flamby. Et Ségolène qui ne manquerait pas de venir épicer le ragoût ! Mon Dieu, je préfère ne pas y penser. Vous imaginez le rififi sur toute l’échelle, le branlebas dans les bourses, sans compter notre image dans le monde… Dix tranches de cervelas.
-Vraiment, M’ame Michu, vous devenez feuilletonnesque. Continuez le museau à vos risques, mais de grâce, lâchez Nous deux… Sarkozy reviendra, je vous le prédis, et bientôt, quand le beau Montebourg en sera rendu à poser pour Têtu, le petit Valls à se faire pincer avec cent grammes de coc, le pauvre Hollande un sachet de glaçons sur la tête et tout le pays en soins palliatifs. Disons un an, deux ans.
-Réveillez-vous, M’ame Daube, on les a tranquillement pour cinq ans, et ils valent bien les autres. Ne me dites pas que vous regrettez un Woerth, un Besson, une Dati… Deux cents grammes de haché.
-Et voilà, je m’en doutais, vous virez rouge ! Attention, le couteau entre les dents à votre âge, ça fera rire. En tout cas moi, s’ils continuent comme ça à taper sur le petit patron, comme jadis mon pauvre Albert sur le vieux lièvre pour l’attendrir, c’est bien simple, je m’en vais vivre à Liège chez mon neveu.
-Vous détestez les frites… Et deux cents grammes de rillettes.
-Eh bien, dites donc, bon appétit ! Faites-vous livrer directement l’étalage. Vous virez rouge, M’ame Michu, mais à ce régime vous finirez verte. Je vous préviens, je n’irai pas à l’enterrement.
-J’espère bien, M’ame Daube. Vous serez morte avant moi. Trop à droite, trop nerveuse, genre Louis de Funès en robe, c’est pas bon pour les coronaires. A gauche on est plus cool, on donne du temps au temps, comme répète mon petit-fils et je vous prie de croire qu’il sait de quoi il parle, tous les mots de ses professeurs vont dans ce sens-là.
-Qu’il dorme tranquille, M’ame Michu, on a Peillon. Il va tout alléger, horaires, programmes, notation et même le prix de l’herbe dépénalisée : tout sauf l’allocation-rentrée…
-La rage vous tue, M’ame Daube. Je vous regretterai. En attendant, qu’est-ce que vous diriez d’un petit thé-macarons chez moi jeudi à 5 heures ?
-Volontiers, je n’aime pas faire de peine. J’apporterai mon eau.
-Comme Elisabeth II chez Pompidou. Ca aussi c’est de droite. Promis juré, je ne le répéterai pas.
-Oh ! vous pouvez, M’ame Michu. C’est une belle eau de fontaine publique en France profonde, et moi une vieille peau de droite décomplexée.

Excellent ! vive le retour des deux matrones ! L’état du jarret qui fume est assez alléchant…
Je ne sais pas s’il reviendra, mais Daube et Michu sont bien là et toujours là, en verve et tout contre moi, je les entends si bien !
Un rire pour le titre, un sourire pour le vieux lièvre (ça soulage les jointures) et merci pour le retour de cette chronique qui fuse, agrémentée d’une photo très évocatrice !
Désopilant.
Mais je pose une question au metteur en scène :
Vos 2 dames, voulues très « peuple » comme on dit, sont-elles là pendant le marché, ou bien, comme de plus en plus de gens « peuple », après le marché pour récupérer les denrées invendables ou invendues ?
Le marché est de moins en moins le marché du bonheur par chez moi…
Picouss’, elles sont « peuple » mais sans être nécessiteuses, telles que je les ai silhouettées depuis déjà longtemps dans La Grille du coq. Elles ont des retraites correctes, des logements suffisants, de la famille. Cela dit, je ne les connais pas plus que ça, elles sont le pendant féminin des hommes qu’on entend plutôt au Café du commerce.
Cela ressemble au marché du temps jadis, bien avant que la télé ne passait des paroles et des actes ! bien évidement de en ce temps-là, les femmes n’avaient pas droit de vote, aujourd’hui il semble qu’elles votent comme leur maris les Muppets ? Enfin il y avait déjà un semblant de république bananière. Avec ce regard-là, pour hollande la pente est rude, heureusement que la jeunesse sait jouer son rôle…fini les jarrets, c’est le hamburger cinq étages…et les discours au BDM !
J’ai toujours pensé que c’était absurde, de faire voter les femmes. Ou elles font comme les maris et dans ce cas, ça fait deux fois plus de bulletins à dépouiller pour un résultat identique, ou elles nous contredisent et on perd (encore plus) de notre pouvoir!
J’aime bien votre humour !
En effet, quand on peut simplifier _ ne serait-ce que par deux _ pourquoi mettre autant de bulletins ds l’urne ?
Même les verts applaudiraient cette réduction de papier
Mais … Dans la rue, je me demande parfois qui est l’homme et qui est la femme ….^^
—
« on perd (encore plus) de notre pouvoir « …
Ohhhh ! Z’êtes sûr que ce pouvoir était masculin ?
Mon petit doigt m’avait dit que, finalement certains se laissaient mener par le bout du nez !
Mon petit dogt m’aurait donc menti ?
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Quelle aubaine, si les femmes le veulent pour elles, ce « pouvoir » … Les hommes pourront faire ce qui leur plaît
En fait, les hommes ne sont pas prêts à perdre leur pouvoir ! Les femmes ne votent pas COMME les hommes, mais plutôt POUR leur homme …
à quelque tweet près …
Ah ! Ces deux-là, je les verrais bien, ayant abandonné par force (faut bien sacrifier à la modernité), le collet monté garni de dentelles, et le chapeau à voilette !
-
Bien que quelquefois, j’opterais pour l’une plus autoritaire que l’autre, ponctuant d’une canne incisive ses remarques mordantes … Une petite différence de statut social, peut-être ?
L’une plus regardante que l’autre, l’autre plus sentimentale ou » people » que l’autre !
L’une plus raisonnante, l’autre plus terre à terre
Un éternel duo Ni-Ni , peut-être ?
Mais, soudées, ne pouvant se quitter !
M’étonnerait pas qu’elles partent un jour ensemble, pour continuer leur dialogue aux portes du Paradis !
‘ ‘ Vous imaginez le rififi sur toute l’échelle, le branlebas dans les bourses ‘ ‘
le branlebas dans les bourses, ce serait le retour au premier plan de Strauss-Kahn refaisant sa vie avec Trierweiler, Hollande se pacsant avec Montebourg, tombé sous le charme après le passage dans Têtu…
(on me souffle)
Ils n’auront plus qu’à adopter ensemble deux bébés coréens.
Arion nous gâte, mine de rien !
Voilà que Benjamin en rajoute, et même qu’on lui souffle ^^ ^^
…
Mais, allez donc faire un tour sur « Plus belle la vie » …. Ce feuilleton, qui ne devait pas durer, nous donne chaque jour une tranche de vie qui me paraissait débile et parfaitement absurde …
Des péripéties calquées sur la vie actuelle, et amplifiées ( ? au fond, pas tellement !) ce qui peut expliquer son succès … Combien de personnes, arrivées en cours de route comme moi, y seront restées pour voir jusqu’où ils pousseraient l’audace ?
Hallucinant !
Mais, ce qui paraissait poussé à l’extrême ( chassés-croisés en amour, meurtres ou tueries, accidents, problèmes à l’hôpital, pressions diverses, élections, disparitions, adoption et ses dérives chez un couple encore hors normes) n’est finalement qu’un pâle reflet de la vie actuelle, lorsqu’on voit cerrtaines scènes de la vie sociale et politique
à se demander quel monde influence l’autre !
Sûr que Mame Michu et Mame Daube auraient du grain à moudre !
Etonnez-vous, après ça, que ce pauvre Albert n’ait pas survécu !
Mais qui n’a pas ses … travers ? Et qui dit que sa … chère et tendre n’a pas voulu lui épargner les … maux de la faim ?
Ceci étant, je m’en paierais bien une autre tranche … ^^
Pauvre Albert !
Quoique … Lorsqu’il tapait sur le lièvre pour l’attendrir … à quoi pensait-il ?
Mais, de là-haut, qu’est-ce qu’il doit se marrer d’entendre chanter ses louanges
Et puis …
Gageons que quelquefois, il s’amuse à jouer au fantôme !
Mais, bien sûr, l’écot, je vous laisse le vrai mot de la fin ^^
« …Lorsqu’il tapait sur le lièvre pour l’attendrir … à quoi pensait-il ? »
Bonne question, Zizany !
Etait-ce bien le lièvre qu’ Albert voulait attendrir ? Sinon à … QUI pensait-il ? Si Arion ne pouvait nous rassurer, ce serait .. à Freud !
L’auteur nous apprend « plus loin », que les 2 dames « ont des retraites » ; Serait-il arrivé malheur à Mr Daube aussi ? Et saurons nous le fin mot de la fin des … « mâles » ?
Sacha Guitry disait :
« Les hommes n’ont que ce qu’ils méritent. Les autres sont célibataires ! »
Et aussi
« Dans la conversation, gardez-vous bien d’avoir le dernier mot, le premier. » ^^
« Serait-il arrivé malheur à Mr MICHU aussi ?
L’écot, Zizany,
l’ « historique » de ces deux ménagères de plus de 75 ans montre que mme Daube est veuve et a un fils, je croyais Michu restée vieille fille et voilà qu’elle parle d’un petit-fils, elle aurait dû dire mon neveu. Quant aux retraites, elles en ont chacune une, ce qui peut faire « des ». Bref, vous l’avez compris, je m’y perd un peu, il faut dire que je ne les connais que pour les entendre au marché…
Merci en tous cas d’entrer dans le jeu !
Pour le lièvre, je préfère ne pas chercher plus loin et croire que ce « pauvre Albert » était chasseur, j’ai entendu dire que les Chinois rossent de même les chiens destinés à la consommation.
Zola et Balzac eux mêmes se perdaient quelque peu dans la généalogie de leurs personnages. Arion est en bonne compagnie…
%Mais oui, c’est bien connu ^^
Dès qu’on sort des sentiers battus, on se perd !
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Tiens … D’ici que Mâme Michu ait vraiment eu un fils … Hein ?
En ces temps reculés (pensez, 75 ans !) , avoir un neveu lui sauvait la face !
Le tout est de savoir si Monsieur Michu avait existé ^^
C’est encore une autre histoire !
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En ces temps moroses, je me perds avec plaisir dans l’histoire de ces deux mamies, un peu rétro
Et, je brode, je brode !
Mais au fond, elles sont si vraisemblables, ces Mâme Daube et Mâme Michu, que je vais bien les rencontrer un jour au marché …
» J’ai entendu dire que les chinois rossent de même les chiens » Sûr qu’on le dit !
Mais allez savoir …
On dit aussi qu’Attila et Gensis Khan attendrissaient leur viande sous la selle de leurs chevaux …
Allez savoir !
Faudrait demander ça à Makhno qui a des » K’viaux » ….
Raaah ! sorry pour ces erreurs
C’est le temps des couacs ! Ce sera mon excuse ^^ , si vous le voulez bien
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Erreur, puisque j’ai inscrit » (pensez » dans le pseudo …et que ça c’est inscrit et que ça va ressortir automatiquement !
Erreur, puisqu’un pourcentage n’a rien à faire ici …
Quoique …. Un lapsus est toujours révélateur, parait-il, plus en tout cas qu’ « un doigt qui a pipé (horreur ! c’est dur, ce changement d’heure ! ) ripé »
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à croire que j’ai anticipé ( en rêve, mais qui sait ? Un placebo agit parfois ) la dépénalisation de l’herbe à Nicot _ pardon_ de l’herbe à Peillon !
Je viens de découvrir le retour des deux vieilles, et la journée se clôt (tard) sur cette bonne tranche de rigolade, merci Arion !